Episode 2
DIGNITÉ
Imaginez un instant ne pas avoir de chez soi.
Devoir vivre au sein d’un collectif, sans chambre à soi, sans lieu où fermer la porte. Pour beaucoup de personnes exilées arrivant en France, et notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, cette vie collective n’est pas un choix : c’est la seule option.
Centres d’hébergement, foyers, squats, campements informels… Ces lieux permettent de ne pas dormir dehors, mais ils posent une question centrale : peut-on vraiment parler de dignité quand on ne choisit ni son logement, ni les personnes avec qui l’on vit ?
Dans cet épisode de Voix en mouvement, nous allons explorer ce qui se joue dans ces lieux collectifs, entre protection et contrainte, entre solidarité et tensions, entre droit au logement, alimentation digne, estime de soi et liberté.
Contributeurs
Juliette CHOUKROUN — Réalisation, Entretiens
Souwebath ASHANTI — Entretiens
Laurine TEXIER — Conception éditoriale, Voix off
Soriba CAMARA — Voix off
Diane LEGODOU — Réalisation, Conception éditoriale, Voix off
Yolaine RAYMOND — Réalisation, Entretiens, Direction artistique, Voix off
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Témoignages
Yann MOSSE — Médecins du Monde
Nicolas FERRO — Architectes sans frontières
Arnaud de RIVIERE — Juriste et Chargé de développement à CNT-SO
Nicolas ALLIOT — Reponsable de communauté à Emmaüs
Nicolas CHAMBON — Sociologue pour l’Orspere Samdara
Benjamin DAMASCO — Mission Hospitalité, Métropole de Lyon
Nicolas BERUT — Un Toit d’Abord, Métropole de Lyon
Intervenants sociaux à ADOMA
Personnes exilées anonymes
Focus
Imaginez un instant ne pas avoir de chez soi, devoir vivre au sein d’un collectif, sans espace individuel. Pour beaucoup de personnes exilées arrivant en France, cette vie collective est une réalité incontournable. Faute d’options de logement individuel accessibles, elles sont souvent contraintes de partager des espaces de vie — que ce soit en centre d’hébergement, en foyer, en squat ou en campement informel.
Cette thématique interroge les conditions de la vie collective dans les dispositifs d’accueil des personnes exilées en Auvergne-Rhône-Alpes et leurs effets sur les parcours d’installation. Pour certaines personnes, la vie collective peut constituer un choix ou un appui, favorisant la création de liens sociaux et un sentiment de sécurité. Pour beaucoup d’autres, elle s’impose en l’absence d’alternative, notamment en raison du manque de solutions d’hébergement adaptées.
Qu’elle soit choisie ou subie, la manière dont cette vie collective est organisée influence directement le bien-être, la dignité et la stabilité des personnes concernées. Cette thématique explore plusieurs dimensions clés de ces situations : les conditions de logement, l’accès à une alimentation digne, le respect de la dignité dans l’accueil, les impacts psychologiques liés à la promiscuité ou à l’instabilité, ainsi que les modes d’organisation et de gouvernance au sein des lieux d’hébergement.
Elle met en lumière les enjeux humains et sociaux liés au vivre-ensemble, et interroge la capacité des dispositifs existants à concilier gestion collective, respect des droits et conditions d’accueil dignes.
Le logement : un facteur clé de dignité
Commençons par ce qui constitue la base de toute vie digne : le logement. Ce n’est pas seulement un toit au-dessus de la tête, mais un espace où l’on peut se sentir chez soi, se reposer, et prendre soin de soi.
Pour en parler, Nicolas Ferro, architecte diplômé et bénévole chez Architectes Sans Frontières, insiste sur l’importance de ne jamais faire de compromis sur la qualité du logement, même pour des personnes en situation précaire :
« Alors il y a la base on va dire c’est construire un logement décent, c’est valable pour tout le monde, on a des règles de construction et c’est pas parce que c’est des personnes qui sont en situation soit précaire soit temporaire qu’on doit faire un logement précaire limite insalubre donc la base, c’est respecter les normes de construction donc c’est la qualité thermique, le confort thermique, le confort de vie aussi, un espace suffisant pour que on se sente à l’aise, qu’on puisse dormir comme il faut, se laver, prendre soin de soi, se sentir chez soi on va dire dans ce lieu. Le deuxième point important je pense c’est aussi l’esthétique parce qu’il peut y avoir un côté plus ou moins péjoratif de loger des personnes de manière en plus temporaire (ou même pérenne) mais on a tendance souvent à voir les containers comme un exemple de solution et ça questionne des personnes qui ont parfois dû transiter dans des containers maritimes soit en bateau soit en camion, et qu’après on les loge dans des containers réhabilités en logement ça questionne »
« ou alors c’est faire avec du réemploi mais qui ressemble plus à du bricolage qui rappelle plus le bidonville si c’est pas travaillé correctement alors qu’on peut faire avec du réemploi soigné au contraire, donner du cachet et de la qualité esthétique à la construction donc je pense que c’est deux points très importants, l’esthétique ne pas connoter des choses qui peuvent choquer et puis le confort de vie des personnes. »
On comprend bien ici que la qualité du logement est essentielle non seulement pour le confort, mais aussi pour préserver la dignité des personnes.
Vivre le collectif : entre choix et contrainte
La vie collective n’est pas la même pour tous. Pour certains, elle peut être un refuge, un espace de solidarité et de lien social. Pour d’autres, c’est une contrainte difficile à vivre, imposée par le manque d’alternatives.
À nouveau, Nicolas Ferro, architecte bénévole chez Architectes Sans Frontières, témoigne de la manière dont certaines personnes privilégient le collectif malgré des conditions précaires :
« Des fois ça aide au choix, des personnes préfèrent être à la rue ou dans certains lieux pas forcément confortables mais parce qu’elles sont avec d’autres personnes qu’elles connaissent plutôt que d’être toutes seules dans un appartement, un hôtel à 30 km de Lyon. »
De son côté, Nicolas Bérut, Coordinateur « Logement d’abord » à la Métropole de Lyon, souligne l’importance du collectif choisi, porteur d’un véritable soutien social :
« C’est une sécurité ontologique… Nous avons tous des réseaux, et le logement doit participer de ça. Les pensions de famille offrent des espaces collectifs conviviaux, où le collectif est choisi. Quand il est choisi, il est hyper porteur, et quand il est subi, il embrouille. »
Enfin, Arnaud, militant de la CNT et intervenant dans les squats, rappelle que dans certains cas, la vie collective est contrainte, car imposée par la précarité :
« Il faut se poser la question de si vous voulez vraiment partir des attentes des gens bah il y aura des gens qui auront envie de faire du collectif et il y aura des espaces pour ça jsais pas un espace partagé avec une télé, des jeux pour les enfants, un réfectoire pour pouvoir manger à plusieurs, des choses comme ça mais en fait il y aura aussi des gens qui auront pas envie de ça et qui feront leur vie ».
« J‘ai l’impression en tout cas dans les squats où on est qui sont des habitats très collectifs mais très contraints aussi dans le sens personne n’a choisi ça, les gens tu leur demande où est ce qu’ils ont envie de vivre, ils te disent moi je veux un appart avec ma famille et comme tout le monde quoi, il y a pas de… et effectivement par contre des gens qui vivent seuls, qui sont pas en couple ou en famille, peut-être qu’il y a des gens qui auront envie de se regrouper, de créer du collectif, de construire des trucs ensemble et tout mais en fait ça dépend vraiment des profils et des personnalités quoi ».
Ces témoignages illustrent la complexité du vivre-ensemble : la qualité du collectif dépend du choix et du consentement des personnes, sinon il devient source de tensions.
Organisation du collectif : participation et médiation
Un cadre collectif sain repose souvent sur une bonne organisation participative, où les habitants peuvent s’exprimer et co-construire les règles.
Émeline et Sophie, salariées d’Adoma, racontent comment la concertation et la médiation sont mises en place dans les foyers :
« On a des instances de concertation avec des réunions d’étages et des représentant·es de familles, qui permettent de discuter des projets, de l’entretien du site, de l’organisation d’événements comme une fête annuelle… Ces temps permettent d’aborder des points de tension, même s’ils ne résolvent pas forcément les conflits immédiatement… Quand c’est possible, les habitants s’autogèrent les espaces communs comme la cuisine et les toilettes, mais souvent une médiation est nécessaire. »
Un représentant d’Emmaüs, organisation d’économie solidaire et de lutte contre l’exclusion, insiste aussi sur la responsabilité collective d’assurer un cadre apaisant :
« On a une responsabilité envers les personnes et envers le groupe, pour que le groupe soit un cadre sécurisant. Beaucoup ont vécu des traumatismes, il faut que le groupe soit apaisé. »
La diversité culturelle : un équilibre à préserver
Dans ces espaces, la diversité des nationalités est une richesse mais aussi un défi.
Un membre d’Emmaüs illustre cette réalité en donnant l’exemple de la diversité dans leurs structures :
« Sur 205 personnes, on a 15 quinze nationalités différentes par exemple. Il faut que même si on ne le fait pas de façon consciente, on ne cherche pas de de recrutement dans ce sens là. Mais on essaie d’avoir de maintenir, d’être vigilant pardon sur un équilibre des communautés dans les communautés quoi. Parce qu’entre les communautés d’Europe de l’Est, Maghreb, l’Afrique noire, l’Europe etc on sait que des fois, ce n’est pas.. Il peut y avoir des clash un peu culturels quoi. Les gens ont tendance à se regrouper naturellement donc on essaie d’être vigilant par rapport à ça. Cet équilibre là, et de faire en sorte que les communautés collent bien et communiquent bien entre elles et que ce soit pas des communautés à l’intérieur de la communauté. La façon dont les différentes communautés vont coexister c’est important. »
La dignité au cœur de l’accueil : estime de soi et autonomie
Un autre aspect fondamental est la manière dont les personnes se perçoivent elles-mêmes dans ce contexte. Trop souvent, elles ont le sentiment d’être uniquement assistées, ce qui affecte profondément leur estime de soi.
Émeline, salariée d’Adoma, en témoigne à travers son expérience d’accompagnement :
« Certains sont très débrouillards, savent chercher l’information, d’autres sont fermés, ont besoin qu’on les aide pour les démarches. Cela entraîne souvent une perte d’estime de soi importante. Beaucoup ont la sensation de ne rien valoir, et la société renvoie cette image : être dépendant, c’est être assisté. »
Elle ajoute que les activités proposées permettent de redonner un rôle et des compétences, au-delà de l’emploi rémunéré : « Au-delà du fait de gagner de l’argent, les activités permettent de développer des compétences, importantes au quotidien, même si elles ne sont pas liées à un métier. »
Un membre d’Emmaüs rappelle quant à lui la philosophie historique de l’association : «L’idée d’Emmaüs, c’était de mettre ces gens au travail pour leur redonner confiance, dignité et un rôle dans la société. »
L’accès à une alimentation saine et digne
L’alimentation est un besoin vital et un marqueur fort de dignité.
Nicolas Bérut, Coordinateur « Logement d’abord » à la Métropole de Lyon, insiste sur l’importance d’offrir aux personnes autre chose que des surplus industriels :
« C’est de dire qu’il faut que les gens aient un logement, il faut qu’on arrête de les envoyer à la banque alimentaire récupérer les surplus européen de l’agriculture industrielle. ils ont aussi les droits à une alimentation saine et donc un projet comme çà c’est travailler la question alimentaire avec les réseaux comme Vrac, les épiceries solidaires qui travaillent avec des produits locaux et qui ne donnent pas juste les surplus.. Enfin qui minimise ça du coup si on à des produits frais, on a du compost… pour moi c’est pas parce que les gens sont pauvres ou en difficulté qu’ils ne peuvent pas être des citoyens »
La liberté et le respect des règles : vers un accueil digne
L’accueil doit également respecter la liberté des personnes, en évitant des règles trop strictes qui ne s’appliqueraient pas au reste de la société.
Yann, médecin de terrain à Médecins du Monde, défend l’idée de structures souples qui laissent une vraie autonomie :
« Ce qu’on trouve super, ce sont les dispositifs où il n’y a pas de règles strictes, où les personnes peuvent rentrer quand elles veulent, inviter qui elles veulent, sans contrôle ni couvre-feu. Cela peut compliquer la gestion, mais c’est important pour qu’elles se sentent chez elles. Ce ne sont pas les règles appliquées aux citoyens ordinaires. »
Faciliter l’accès aux droits et adapter l’accueil aux besoins
Pour que l’accueil soit réellement inclusif, il faut aussi simplifier l’accès aux droits et adapter les services aux besoins spécifiques.
Yann, médecin à Médecins du Monde, donne l’exemple du guichet unique pour les Ukrainiens :
« La mise en place d’un guichet unique pour les Ukrainiens à Vaulx-en-Velin est une initiative qu’on voudrait voir généralisée à tous les publics, car cela répond à un besoin d’ouverture rapide des droits. »
Il décrit également des aménagements concrets pensés pour améliorer l’accueil au quotidien : « Nous essayons de mettre en place des accueils adaptés, avec des jouets pour les enfants, des outils multilingues, l’interprétariat par téléphone, le chauffage dans les salles d’attente, pour éviter les mauvaises compréhensions. »
Le lien social, moteur d’insertion
Enfin, au-delà des conditions matérielles, c’est le lien social qui est le véritable moteur de l’insertion.
Benjamin Damasco, Chargé de mission « Hospitalité » à la Métropole de Lyon, rappelle à quel point ce lien est essentiel :
« Je pense qu’il y a une notion qui prédomine, c’est le lien social en considérant qu’en fait l’insertion, elle passe par un lien avec la société qui l’accueille et elle est surtout une opportunité d’accélération de ces situations là. Puisqu’en fait le lien social, c’est la personne qui va te permettre de trouver une solution de logement parce que dans son réseau, elle connaît quelqu’un qui a une proposition à te faire. C’est la connaissance d’une entreprise qui cherche justement une personne et qui fait que tu as le bon profil. C’est un apprentissage renforcé du français parce qu’en fait tu le pratiques au quotidien et que du coup tu comprends beaucoup plus vite la construction des phrases, t’apprends un vocabulaire beaucoup plus usuel »
La vie collective pour les personnes exilées est un défi majeur qui touche autant à la survie matérielle qu’à la reconnaissance humaine. Que cette vie soit choisie ou subie, ses conditions déterminent largement le respect de la dignité, l’estime de soi, et la possibilité d’un parcours d’insertion réussi.
Garantir un logement décent, offrir des espaces de vie organisés en concertation, permettre aux personnes de se sentir autonomes et valorisées, respecter leur liberté, et faciliter leur accès aux droits sont autant de leviers indispensables.
Enfin, c’est le lien social qui donne sens à ce vivre-ensemble, transformant des espaces collectifs en véritables foyers d’espoir et de reconstruction.
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Sources du podcast
Sources institutionnelles et études
- Direction générale des étrangers en France – Ministère de l’Intérieur. (2021). Logement des immigrés : statistiques et données sur le surpeuplement en France.
- Secours Catholique. (2021). Faim de dignité : étude sur l’alimentation et la malnutrition chez les personnes en précarité alimentaire.
- Carenews INFO. (2019-2023). Face aux crises, le nombre d’épiceries solidaires se développe.
- VRAC NATIONAL. (2024). Vers un Réseau d’Achat en Commun : organisation et impact des groupements d’achats collectifs en France.
- Défenseur des droits. (2023). Rapport – Exilés et droits fondamentaux : Trois ans après le rapport Calais.
- Oxfam France. (2023). Migrations et personnes réfugiées : appel pour une politique migratoire digne.
- Adoma. (2024). Historique et actions d’Adoma dans le logement social et les foyers de travailleurs migrants.
- France Terre d’Asile. (2021). Santé mentale des demandeurs d’asile : résultats d’une étude sur les psychotraumatismes et les dispositifs d’accompagnement.
- Comede. (2021). Rapport sur la santé mentale des exilés : pensées suicidaires et tentatives de suicide.
- Partenaires pour la ville 93. (2023). Rôle et mission des médiateurs sociaux dans les foyers multiculturels.
Témoignages et interventions orales
- Travailleur social engagé dans un squat (2023). Entretien sur les conditions de vie et le choix subi du logement collectif.
- Responsable de l’accueil des réfugiés à Lyon (2023). Témoignage sur la « sécurité ontologique » apportée par le cadre collectif.
- Spécialiste du logement social (2023). Intervention sur les effets du collectif choisi versus subi.
- Médiateurs sociaux d’Adoma (2023). Témoignages recueillis sur la médiation interculturelle dans les foyers.
Ressources web
- Direction générale des étrangers en France – Ministère de l’Intérieur : https://www.immigration.interieur.gouv.fr/
- Secours Catholique : https://www.secours-catholique.org
- Carenews INFO : https://www.carenews.com/fr/news/face-aux-crises-le-nombre-d-epiceries-solidaires-se-developpe
- VRAC : https://vrac-asso.fr/
- Défenseur des droits : https://www.defenseurdesdroits.fr/
- Oxfam France : https://www.oxfamfrance.org/
- Wikipédia – Adoma : https://fr.wikipedia.org/wiki/Adoma
- France Terre d’Asile : https://www.france-terre-asile.org/
- Comede : https://comede.org/
- Partenaires pour la ville 93 : https://partenairespourlaville93.fr/
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