Episode 4
TRAVAIL
Imaginez un instant devoir reconstruire toute votre vie, loin de chez vous, dans une région où chaque repère est à réinventer. En Auvergne-Rhône-Alpes, chaque année, des milliers de personnes exilées entreprennent ce parcours courageux d’intégration.
Parmi les défis majeurs auxquels elles font face, l’accès au travail est central.
Parce que le travail donne un rythme, un rôle, une place. Il permet de retrouver une dignité, une autonomie, et souvent d’ouvrir la porte à d’autres droits : le logement, la santé, la formation.
Barrières administratives, délais avant d’avoir le droit de travailler, difficultés de langue, diplômes non reconnus, absence de réseau, discriminations à l’embauche… Tous ces freins s’additionnent. Dans cet épisode de Voix en mouvement, nous allons explorer le rôle du travail dans le parcours d’installation.
Contributeurs
Juliette CHOUKROUN — Réalisation, Entretiens
Souwebath ASHANTI — Entretiens
Laurine TEXIER — Conception éditoriale, Voix off
Soriba CAMARA — Voix off
Diane LEGODOU — Réalisation, Conception éditoriale, Voix off
Yolaine RAYMOND — Réalisation, Entretiens, Direction artistique, Voix off
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Témoignages
Yann MOSSE — Médecins du Monde
Nicolas FERRO — Architectes sans frontières
Arnaud de RIVIERE — Juriste et Chargé de développement à CNT-SO
Nicolas ALLIOT — Reponsable de communauté à Emmaüs
Nicolas CHAMBON — Sociologue pour l’Orspere Samdara
Benjamin DAMASCO — Mission Hospitalité, Métropole de Lyon
Nicolas BERUT — Un Toit d’Abord, Métropole de Lyon
Intervenants sociaux à ADOMA
Personnes exilées anonymes
Focus
Imaginez un instant devoir reconstruire toute votre vie, loin de chez vous, dans une région où chaque repère est à réinventer. En Auvergne-Rhône-Alpes, chaque année, des milliers de personnes exilées entreprennent ce parcours courageux d’intégration. Parmi les défis majeurs auxquels elles font face, l’accès au travail se révèle crucial, non seulement pour assurer leur subsistance, mais aussi comme une étape essentielle vers une intégration réussie et durable.
Cette thématique s’intéresse au rôle central du travail dans les parcours d’installation des personnes exilées. Dans un contexte régional marqué par une augmentation continue des demandes d’asile, comprendre la manière dont l’accès à l’emploi peut structurer, faciliter ou, au contraire, freiner les processus d’intégration apparaît comme un enjeu majeur.
Le travail ne se limite pas à une fonction économique. Il constitue également un levier d’autonomie, un vecteur de reconnaissance sociale et un facteur clé de stabilisation des parcours de vie. L’accès à l’emploi conditionne souvent l’ouverture vers d’autres droits fondamentaux, tels que le logement ou l’accès aux soins, et participe plus largement à l’inscription durable des personnes dans la société.
Parmi les premières étapes de l’intégration, l’accès à un logement stable reste étroitement lié à la situation professionnelle. Sans revenus réguliers ni contrat de travail, il est extrêmement difficile d’obtenir un bail dans le secteur locatif, y compris dans le logement social. Emeline intervenante sociale d’Adoma, structure reconnue pour son accompagnement des personnes en précarité, décrit cette réalité de terrain :
« Pour accéder au logement, la première des questions c’est : ‘Quelles sont vos ressources ?’ dans le logement tel qu’il est pensé actuellement. L’hébergement, lui, offre plus de souplesse financière. Soit il n’y a pas de participation financière, soit elle peut être indexée sur les revenus, avec une tolérance plus grande pour les retards de paiement. Mais le logement classique exige avant tout des ressources stables et suffisantes. »
Cette déclaration illustre un paradoxe majeur : alors que les dispositifs d’accueil (comme les centres d’hébergement ou les places en hôtel social) sont censés être provisoires, les personnes exilées s’y retrouvent souvent bloquées par l’absence de revenus jugés « suffisants » pour entrer dans le logement dit « de droit commun ». Le travail devient ainsi une clef de sortie de l’hébergement d’urgence, mais encore faut-il pouvoir y accéder.
Or, les données régionales confirment que ce n’est pas une mince affaire. Selon une étude publiée par l’INSEE en 2023, seuls 57 % des immigrés âgés de 15 à 64 ans sont en emploi en Auvergne-Rhône-Alpes, contre 69 % des non-immigrés. Cet écart, relativement stable depuis plusieurs années, témoigne des difficultés structurelles rencontrées par les publics exilés dans l’accès à l’emploi. Les personnes exilées font face à plusieurs freins à l’intégration professionnelle. Tout d’abord, les barrières administratives limitent leur droit au travail, notamment durant les premiers mois de procédure d’asile, ou par des autorisations restreintes. Ensuite, la barrière linguistique complique l’accès à de nombreux métiers, surtout ceux impliquant des échanges oraux, la compréhension de consignes ou la rédaction. La non-reconnaissance des diplômes étrangers conduit souvent à un déclassement professionnel, malgré des compétences avérées. À cela s’ajoute l’absence de réseau local, qui freine les opportunités d’information, d’orientation ou de recommandation. Enfin, les discriminations à l’embauche, basées sur le nom, l’origine ou le parcours, réduisent significativement leurs chances d’être recrutés, alimentant frustration et découragement.
Tous ces freins, s’ils ne sont pas pris en charge de manière adaptée, ont pour effet de piéger durablement les personnes dans une spirale d’exclusion professionnelle. Et cette exclusion rejaillit sur l’ensemble du parcours d’intégration : absence de revenus, dépendance à l’aide publique, isolement social, mal-être psychique, instabilité résidentielle… Elle aggrave aussi les tensions dans les centres d’hébergement, qui peinent à tourner et à accueillir de nouveaux arrivants.
Il est donc urgent d’inverser cette logique. D’une part en reconnaissant que les personnes exilées ne sont pas seulement des « bénéficiaires » de politiques sociales, mais aussi des acteurs potentiels du tissu économique régional. D’autre part en renforçant les dispositifs de formation linguistique, de validation des acquis, d’accompagnement vers l’emploi, et de sensibilisation des employeurs aux profils et compétences souvent sous-estimés des publics exilés.
Travailler, pour une personne exilée, ce n’est pas simplement « avoir un job ». C’est souvent reconstruire une identité mise à mal par l’exil, se reconnecter à la société d’accueil, et retrouver un projet de vie. C’est pourquoi l’accès à l’emploi devrait être pensé non comme une dernière étape, une récompense après intégration, mais bien comme un point de départ possible vers l’intégration.
La complexité de l’intégration professionnelle des personnes exilées ne réside pas uniquement dans les obstacles économiques ou administratifs. Elle est aussi profondément liée à des facteurs sociaux et humains souvent sous-estimés. L’isolement géographique, notamment dans des zones périphériques mal desservies, limite fortement l’accès à l’emploi et à la formation. De même, le manque de réseaux professionnels qu’ils soient informels ou institutionnels prive les personnes exilées des opportunités souvent obtenues par le bouche-à-oreille ou les recommandations. Enfin, les traumatismes psychologiques liés à l’exil, tels que la perte brutale de repères, les violences vécues avant ou pendant le parcours migratoire, ou encore la séparation familiale, peuvent altérer la motivation, la concentration et la capacité à se projeter dans l’avenir.
Dans ce contexte, le travail dépasse largement sa seule fonction économique : il devient un levier de reconstruction personnelle et de restauration de la dignité. Benjamin Damasco, chargé du contrat territorial d’accueil et d’intégration des réfugiés à la Métropole de Lyon, met en lumière l’impact émotionnel profond de l’inactivité sur les personnes exilées :
« Proposer une activité permet de lutter contre le désœuvrement et la frustration ressentie dans les centres d’hébergement. La plupart des résidents sont jeunes, dans une période clé de formation et d’acquisition de compétences. L’inactivité est donc particulièrement frustrante pour eux. C’est pourquoi nous mettons en place des activités dans les lieux d’hébergement. »
Ces initiatives, qu’il s’agisse d’ateliers, de chantiers participatifs, de stages ou de projets collectifs, jouent un rôle fondamental. Elles permettent aux personnes exilées de retrouver un rythme quotidien structurant, de remobiliser des compétences, voire d’en acquérir de nouvelles, tout en réapprenant à évoluer dans un cadre professionnel. Mais au-delà des aspects techniques, ces activités sont surtout un outil de remobilisation psychologique : elles redonnent confiance, ravivent le sentiment d’utilité sociale et permettent de se réapproprier une identité valorisée.
C’est donc à la fois sur le plan individuel en restaurant l’estime de soi et sur le plan collectif en favorisant la participation à la vie locale que ces activités prennent tout leur sens. Elles constituent souvent une première étape vers une insertion professionnelle plus durable, tout en offrant un espace de respiration, de socialisation et d’expérimentation sécurisée, indispensable pour des personnes ayant vécu des parcours d’exil particulièrement éprouvants.
Dans la continuité des précédents témoignages, voici un autre extrait d’Emeline, intervenante sociale d’Adoma, qui insiste sur l’impact positif que peuvent avoir les activités économiques, même modestes, sur la trajectoire des personnes réfugiées :
« Participer à une activité, même modeste, procure un sentiment d’utilité très fort, redonne confiance, et facilite l’apprentissage de la culture professionnelle française, souvent très différente de celle d’autres pays. »
Ce propos souligne un point essentiel : au-delà du simple fait de “travailler”, il s’agit aussi de s’acculturer au fonctionnement du monde professionnel français, à ses codes implicites (ponctualité, autonomie, relations hiérarchiques, attitudes attendues), qui ne vont pas de soi lorsqu’on a grandi dans un autre contexte socio-économique. Les activités proposées dans les structures d’accueil ou les chantiers d’insertion servent ainsi de sas de transition, permettant d’éviter un choc brutal entre les attentes des employeurs et les réalités vécues par les personnes exilés.
Toutefois, malgré ces bénéfices évidents, l’intégration professionnelle reste entravée par plusieurs freins majeurs, au premier rang desquels figure la maîtrise insuffisante de la langue française. Cette difficulté est particulièrement bloquante dans les métiers de services, de soins, d’accueil ou de logistique, où la compréhension des consignes, la communication orale et l’autonomie sont primordiales. Une autre intervenante d’Adoma alerte sur l’ampleur du problème :
« Le manque crucial de compétences linguistiques pénalise lourdement les réfugiés non francophones. On manque de formations linguistiques qualitatives et accessibles financièrement. Trop souvent, ces personnes finissent par se tourner vers Pôle Emploi, qui manque des ressources nécessaires pour assurer un accompagnement individualisé suffisant. »
Ce manque d’accès à des formations linguistiques ciblées, progressives et ancrées dans le monde professionnel crée une fracture durable. De nombreuses personnes se retrouvent à errer dans des dispositifs mal adaptés, ou à multiplier des formations généralistes sans lien avec leurs projets de vie. La langue devient ainsi non seulement un obstacle technique, mais un facteur de découragement, voire de marginalisation silencieuse.
Conscientes de cette impasse, certaines associations et institutions ont développé des dispositifs plus souples, mieux coordonnés et centrés sur les parcours de vie réels des personnes. C’est notamment le cas du programme AGIR (Accompagnement Global et Individualisé pour l’Intégration des Réfugiés), lancé en 2022 par Forum Réfugiés-Cosi et soutenu par l’État dans le cadre du plan national d’intégration. Ce programme est directement inspiré de l’expérience locale ACCELAIR, née dans la région lyonnaise, et en reprend les fondements tout en les adaptant au cadre national.
En Auvergne-Rhône-Alpes, six programmes AGIR sont désormais déployés, sous la coordination de Forum Réfugiés (dans le Rhône, l’Ardèche, le Cantal) ou de ses partenaires (dans l’Ain et l’Isère), assurant un accompagnement structuré et personnalisé des réfugiés pendant les 24 mois suivant l’obtention de leur statut. En 2023, 2 486 ménages réfugiés ont bénéficié de cet accompagnement dans la région et ses zones voisines. Cette même année a marqué la fin progressive des dispositifs antérieurs (ACCELAIR, PRIR), qui avaient encore suivi 3 808 ménages avant leur basculement vers AGIR ou leur orientation vers le droit commun.
Ces chiffres traduisent l’intensification de l’effort d’insertion professionnelle et l’ambition d’un accompagnement global : référent unique, bilan de compétences, accès à la formation linguistique et technique, appui à la recherche de logement, et mise en relation avec des employeurs locaux sensibilisés. AGIR offre ainsi un parcours individualisé, en tenant compte non seulement des niveaux de langue ou de qualification, mais aussi des contraintes personnelles (mobilité, enfants à charge, santé) et des aspirations professionnelles.
En résumé, la maîtrise de la langue, bien plus qu’un simple prérequis, doit être pensée comme un droit fondamental et un levier d’émancipation. Lorsqu’elle est abordée dans une démarche globale, contextualisée et respectueuse des rythmes de chacun, elle devient un facteur clé de réussite pour l’insertion socioprofessionnelle durable des personnes réfugiées. Le déploiement du programme AGIR dans la région illustre parfaitement cette dynamique, en consolidant un accompagnement humain, cohérent et territorialement enraciné.
À l’échelle nationale, l’État a mis en place plusieurs leviers visant à favoriser l’insertion professionnelle des personnes exilées, en particulier celles en situation administrative précaire. Parmi ces mesures, la mobilisation des “métiers en tension” constitue une piste privilégiée. Il s’agit de secteurs qui connaissent une pénurie chronique de main-d’œuvre, tels que le bâtiment, la restauration, les services à la personne, le nettoyage ou encore l’agriculture. Nicolas Bérut, coordinateur de la politique métropolitaine du « Logement d’abord » à la Métropole de Lyon, en souligne les enjeux :
« Il y a notamment ce qu’on appelle des métiers sous tension, et le préfet peut donner des autorisations de travail et des titres de séjour temporaires à des gens sans papiers s’ils travaillent ou qu’ils ont des promesses d’embauche. Donc il y a des moyens de sortir un petit peu à la marge, il faut travailler là-dessus.»
Ce dispositif, bien que marginal et conditionné à une promesse d’embauche ou à une insertion déjà entamée, permet à certaines personnes exilées de régulariser leur situation administrative via l’emploi. Il représente donc une porte d’entrée vers une intégration plus durable, tout en répondant à des besoins économiques locaux réels. Toutefois, limiter la régularisation à une logique purement utilitariste “combler des manques” dans des secteurs en crise comporte des risques. Cette approche peut invisibiliser la richesse des trajectoires personnelles, les compétences qualifiées, ou les aspirations des individus, et les cantonner à des emplois précaires, parfois très éloignés de leur parcours initial. Elle peut également nourrir des formes de déclassement professionnel, avec une perte de sens et de motivation.
Face à ces limites, les dynamiques territoriales jouent un rôle crucial pour construire des réponses plus humaines, cohérentes et durables. La région Auvergne-Rhône-Alpes, et en particulier la Métropole de Lyon, se distingue par des initiatives innovantes portées par la Maison Métropolitaine d’Insertion pour l’Emploi (MMIE). Benjamin Damasco, en charge du contrat territorial d’accueil et d’intégration des réfugiés, précise :
« Typiquement, sur les questions d’emploi, c’est via la Maison Métropolitaine d’Insertion pour l’Emploi, qui est l’outil de la Métropole pour les politiques d’insertion professionnelle. Elle permet de fédérer plusieurs milliers, enfin un gros millier d’entreprises, pour être sensibles au public en insertion, et notamment aux publics réfugiés. C’est ce type de réseau qu’on est en train de développer avec la Maison de l’Hospitalité. »
La MMIE agit comme un réseau pivot, réunissant plus de 1 000 entreprises engagées dans l’inclusion. Dans le cadre du Programme Métropolitain d’Insertion pour l’Emploi (PMI’e) 2022–2026, elle cible explicitement les réfugiés comme un public prioritaire, en articulant trois axes d’intervention : la création d’un groupe de travail État/Métropole pour coordonner les actions de Pôle emploi, OFII et des associations, la mobilisation d’employeurs de proximité autour des lieux d’hébergement, en partenariat avec des acteurs comme Weavers ou FAI’RE et le renforcement de l’accès aux chantiers d’insertion ou entreprises adaptées, y compris pour des personnes encore sans autorisation de travail.
En 2023-2024, ces orientations ont donné lieu à des actions concrètes de terrain, comme le forum emploi du 28 mars 2024 à Lyon, coorganisé avec Habitat et Humanisme et France Travail. Cet événement a réuni 130 candidats exilés, face à 35 employeurs de secteurs en tension (BTP, industrie, aide à la personne). Les candidats avaient été préparés en amont pendant plusieurs mois (ateliers de français professionnel, coaching, bilans de compétences). Lors de l’édition précédente en 2023, 46 embauches directes avaient été réalisées à l’issue du forum. Par ailleurs, en 2023, sur 1 400 personnes accompagnées par Habitat et Humanisme Rhône, 65 % ont retrouvé un emploi ou une formation, soulignant l’efficacité d’une approche coordonnée et multisectorielle.
Dans cette dynamique, la Métropole développe également la Maison de l’Hospitalité, pensée comme un lieu-ressource pour les personnes exilées, intégrant orientation professionnelle, formations linguistiques, bilans de compétences, accompagnement social, et mise en réseau avec des employeurs engagés. Ce projet vise à sortir des logiques d’urgence pour bâtir de véritables parcours de vie, en prenant en compte les compétences, les désirs et les vulnérabilités de chaque personne.
Ainsi, la complémentarité entre les dispositifs nationaux (comme les autorisations de travail dans les métiers en tension) et les initiatives locales ambitieuses (MMIE, Maison de l’Hospitalité, forums emploi) incarne une vision plus complète de l’insertion : non pas comme une simple condition administrative ou économique, mais comme un droit fondamental à l’émancipation, à la dignité et à la contribution pleine et entière à la société d’accueil.
De manière générale, il existe également des alternatives aux systèmes traditionnels d’emploi, qui offrent des perspectives nouvelles pour les personnes exilées. Ces modèles, bien que moins répandus, se montrent parfois plus inclusifs et mieux adaptés aux réalités complexes que vivent ces publics. Parmi eux, l’organisation communautaire et le modèle Working First se distinguent par leur approche centrée sur la personne, sur l’environnement collectif et sur la capacité d’agir ensemble pour construire des solutions durables d’intégration.
Nicolas Bérut, coordinateur de la politique métropolitaine du « Logement d’abord » à la Métropole de Lyon, évoque l’intérêt particulier du modèle de l’organisation communautaire, une approche issue du monde anglo-saxon :
« S’il y a un modèle dans lequel je crois c’est plutôt l’organisation communautaire, c’est un modèle anglo-saxon d’activation de ce qu’on appelle la capacité d’agir des personnes par des logiques collectives mais pas juste d’animation, d’occupation… c’est penser comment un collectif devient acteur, conscientise un problème, cherche des solutions, c’est des manières de travailler qui sont différentes. Pour moi ça a du sens ça. »
Ce modèle repose sur l’idée que les groupes sociaux peuvent devenir moteurs de leur propre transformation, en s’appuyant sur leurs savoirs, leurs expériences et leurs solidarités. Il ne s’agit pas simplement de proposer des activités ou d’occuper un temps vide, mais bien de créer les conditions pour que les personnes concernées puissent identifier elles-mêmes les problèmes qu’elles rencontrent, en discuter collectivement, formuler des revendications concrètes et construire leurs propres solutions. Cette démarche vise à rétablir une forme de pouvoir d’agir et d’autonomie collective. Dans le contexte de l’exil, elle prend tout son sens : elle redonne une voix et une place active à des personnes souvent reléguées au rang de « bénéficiaires passifs » dans les dispositifs classiques.
La logique communautaire favorise ainsi l’intégration professionnelle non pas comme une suite d’étapes imposées par des institutions, mais comme une construction progressive portée par les personnes elles-mêmes, avec l’appui de collectifs, d’associations, de structures citoyennes et de réseaux de soutien ancrés localement. Elle redonne également du sens à l’action collective, en valorisant des trajectoires plurielles et en évitant les écueils des parcours d’insertion standardisés, souvent conçus sans concertation avec les premiers concernés. Ces dynamiques collectives peuvent également favoriser la reconnaissance de compétences informelles, l’auto-organisation de groupes d’entraide et la création d’espaces de solidarité concrète dans les quartiers, foyers, ou lieux de vie.
Parallèlement, Nicolas Bérut cite un autre programme alternatif, appelé « Working First », dont la philosophie s’oppose à celle des parcours classiques d’insertion professionnelle. Il explique :
« Le Working First…, on arrête de penser que les gens ne sont pas employables, qu’il faut qu’ils apprennent le français etc. On leur trouve un boulot dans des entreprises qui sont prêtes à jouer le jeu, qui savent que les gens sont en rétablissement, ou avec des difficultés, et on travaille sur les besoins des gens et pas sur les métiers en tension quoi. Pour moi c’est une autre manière de travailler. Ce sont les mêmes logiques, c’est des logiques inclusives. On arrête les modèles d’insertion professionnelle, c’est l’employabilité, un terme inventé dans les années 80. Lorsqu’il y avait le plein emploi, on ne se posait pas ces questions. Il faut que les gens deviennent experts, qu’ils sachent faire des CV, des machins… il faut qu’on arrête avec tout ça. Et on est encore très ancré là-dedans. »
Le modèle Working First inverse donc l’approche traditionnelle en matière d’insertion. Là où les dispositifs classiques demandent aux personnes de passer par une série de prérequis (apprentissage du français, formation, élaboration d’un CV, stages, etc.) avant d’espérer intégrer le marché du travail, Working First privilégie l’entrée directe dans l’emploi, en adaptant les conditions de travail aux besoins des personnes exilées. Les entreprises participantes ne cherchent pas à faire rentrer les candidats dans un moule, mais modifient leurs pratiques pour accueillir des profils atypiques, parfois éloignés des critères habituels de recrutement.
Cette approche inclusive repose sur une logique de confiance mutuelle : l’entreprise accepte de faire preuve de souplesse et de soutien, tandis que la personne exilée s’engage dans un emploi qui peut l’aider à se stabiliser, à reconstruire une routine, et à reprendre confiance en ses compétences. Le travail devient alors un levier de rétablissement, de socialisation et d’intégration, et non une épreuve filtrante. En mettant en avant les capacités, les ressources et les aspirations réelles des individus – sans les réduire à des lacunes ou à un déficit d’employabilité –, Working First propose une autre vision de l’intégration professionnelle, centrée sur l’humain, la coopération, la reconnaissance et l’expérimentation.
Inspiré du modèle du Housing First (priorité au logement), le concept de « Working First» a vu ses premières expérimentations en France dès 2018, à Marseille, auprès de personnes sans-abri en situation de grande précarité psychique. Progressivement, cette approche a été adaptée au public réfugié, dans le cadre d’initiatives soutenues par les préfectures et les partenaires locaux. En Loire-Atlantique, un chantier-école a été mis en place pour 20 réfugiés, combinant apprentissage du français et immersion professionnelle. Dans le Maine-et-Loire, une expérimentation similaire a permis à 50 réfugiés d’accéder à des emplois saisonniers dans l’agriculture, validant le potentiel de cette méthode d’entrée directe dans l’emploi.
En Auvergne-Rhône-Alpes, bien que le label « Working First » n’ait pas encore été institutionnalisé, des initiatives locales en reprennent largement l’esprit. Le programme national HOPE (Hébergement, Orientation et Parcours vers l’Emploi), déployé notamment à Romans-sur-Isère, combine hébergement, apprentissage linguistique, formation métier et contrat d’alternance. En octobre 2024, une table ronde à Romans-sur-Isère a réuni autorités, entreprises et associations pour présenter ce dispositif, qualifié de « gagnant-gagnant ». À cette occasion, 9 réfugiés ont entamé un parcours de professionnalisation d’un an dans des secteurs en tension, tels que le bâtiment ou la logistique, avec un accompagnement renforcé.
De telles expérimentations locales démontrent que l’approche emploi d’abord est non seulement réaliste, mais efficace, à condition de s’appuyer sur des alliances territoriales solides. La Délégation interministérielle à l’accueil et à l’intégration des réfugiés soutient activement ces démarches hybrides, qui répondent à la fois aux besoins économiques des territoires (pénurie de main-d’œuvre) et aux droits fondamentaux des personnes exilées (droit à une vie digne, stable et choisie). En favorisant une entrée rapide dans l’emploi stable, ces modèles contribuent à réduire l’errance sociale, les ruptures de parcours, et les phénomènes d’exclusion durable.
Ces modèles, bien qu’encore marginaux, démontrent qu’une insertion professionnelle respectueuse, inclusive et durable est possible, à condition de repenser les schémas classiques. Ils rappellent qu’il existe d’autres façons d’accueillir et d’intégrer les personnes exilées : par l’écoute, la co-construction, et la reconnaissance de leur potentiel, bien au-delà des critères normatifs de l’employabilité. Ces approches mériteraient d’être davantage soutenues, documentées, évaluées et expérimentées à l’échelle territoriale comme nationale. Elles ouvrent des perspectives nouvelles pour construire une société plus solidaire, plus cohérente et plus juste, où chacun, quelle que soit son origine ou son parcours, puisse trouver sa place par le travail et la reconnaissance.
Lorsqu’on pense au travail, on imagine souvent une activité rémunérée par un salaire classique. Cependant, il existe d’autres formes d’activités et de rémunération. Prenons l’exemple d’Emmaüs, une association reconnue en tant qu’OACAS (Organisme d’Accueil et d’Accompagnement Social), qui offre un soutien complet aux personnes en difficulté. Emmaüs met en place des communautés solidaires dans lesquelles les compagnons travaillent ensemble pour soutenir activement leur environnement, favorisant ainsi l’autonomie et la réintégration sociale. Les activités proposées par Emmaüs ne relèvent pas du code du travail, mais bien du code de l’action sociale et des familles. Concrètement, au lieu d’un salaire traditionnel, les compagnons reçoivent une indemnisation sous forme de pécule. De plus, cette expérience de vie en communauté facilite les démarches de régularisation pour les personnes exilées, car elle démontre leur capacité et leur volonté de s’intégrer, comme l’explique un représentant d’Emmaüs :
« Alors effectivement, le fait d’être en communauté pendant un certain temps, ça témoigne d’une capacité et d’une volonté à s’intégrer et à travailler. Et Il se trouve qu’en plus, y a une circulaire qui est passée il y a quelques années, qui invite les préfets à considérer qu’une personne qui a passé 3 ans consécutifs en communauté Emmaüs peut présenter un dossier. C’est un critère pour accéder à la régularisation. Cela ne signifie pas forcément que cela va marcher, mais c’est un critère pour eux. »
L’idée derrière cette démarche alternative est de dépasser la vision classique du travail, qui se limite souvent à l’obtention d’un salaire. Au lieu de cela, Emmaüs mise sur le pouvoir du vivre-ensemble pour favoriser l’intégration sociale. Vivre en communauté pendant un certain temps montre une capacité et une volonté de s’intégrer et de travailler. D’ailleurs, une circulaire datant de quelques années encourage les préfets à considérer le cas des personnes ayant passé trois ans consécutifs dans une communauté Emmaüs, leur permettant ainsi de présenter un dossier de régularisation. Ce n’est pas une garantie de réussite, mais c’est un critère pris en compte. En offrant un cadre où le travail est vécu comme un moyen de créer du lien social et d’acquérir des compétences concrètes, Emmaüs permet à chacun de valoriser son expérience et de préparer son insertion future dans la société.
Ce type de solution alternative présente deux avantages essentiels : d’une part, il permet à des personnes ne disposant pas d’autorisation de travail d’accéder au marché de l’emploi, et d’autre part, il aide ces personnes à retrouver confiance en leurs compétences. En effet, rester actif permet non seulement de lutter contre l’inactivité, comme nous l’avons déjà évoqué, mais aussi de conserver de bonnes habitudes professionnelles telles que la ponctualité, la discipline et la rigueur. Un autre membre travaillant chez Emmaüs, nous parle des habitudes que certaines personnes n’ont plus et de la manière dont ils sont accompagnés à Emmaüs :
« Alors on n’a pas quand même la même rigueur, la même raideur qu’une entreprise, notamment quand ils arrivent, on sait qu’il y en a toujours qui ont du mal avec les horaires, avec les consignes qui ne sont pas toujours très compétents pour les missions qu’on leur demande. Chez nous, ce n’est pas un souci, ça fait partie du travail d’accompagnement, mais il faut que ça s’améliore. Mais en tout cas, ça les oblige à au moins déjà avoir un respect des horaires, un respect des consignes. On met en place des choses, on fait évoluer aussi. »
Certaines personnes n’ayant jamais travaillé auparavant intègrent cette structure, il apparaît alors nécessaire d’adopter, dès le début, une approche plus flexible qu’en entreprise classique. Les difficultés observées telles que le respect des horaires, la compréhension et le suivi des consignes, ainsi que l’accomplissement des missions ne sont pas perçues comme des obstacles, mais comme des axes d’accompagnement favorisant la progression. Des mesures sont mises en œuvre pour instaurer progressivement ces habitudes professionnelles, tout en améliorant les méthodes par le développement d’une traçabilité renforcée grâce à de nouveaux outils et documents de suivi. Cette démarche contribue à l’intégration progressive des standards professionnels, accompagnée d’une augmentation de la proactivité et de l’implication des personnes concernées.
En Auvergne-Rhône-Alpes, Emmaüs déploie une diversité d’initiatives pour renforcer l’insertion socioprofessionnelle. Par exemple, à Grenoble, l’Atelier Lucie Coutaz, ouvert en 2023, est un Atelier Chantier d’Insertion (ACI) qui se consacre au tri et à l’optimisation des textiles collectés. Ce projet, conventionné pour 10 équivalents temps plein, vise à accompagner les personnes en grande précarité vers l’emploi durable. Il s’inscrit dans le dispositif CVG Isère et prévoit de lancer le Programme Premières Heures en Chantier (PHC) au premier trimestre 2025 .(auvergne-rhone-alpes.ambition-ess.org)
À Lyon, Emmaüs Défi – Banque Solidaire de l’Équipement propose un chantier d’insertion offrant un contrat de travail et un accompagnement personnalisé aux personnes en situation de grande exclusion. Ce programme innovant permet aux bénéficiaires de s’équiper en mobilier et électroménager à très bas coût lors de leur accès à un logement pérenne, facilitant ainsi leur stabilisation et leur insertion .(auvergne-rhone-alpes.ambition-ess.org)
Ces initiatives témoignent de l’engagement d’Emmaüs en Auvergne-Rhône-Alpes pour offrir des parcours d’insertion adaptés, valorisant les compétences de chacun et favorisant une intégration durable dans la société.
Le but des entreprises d’insertion telles que Emmaüs est donc de laisser aux personnes le temps de s’adapter à leur rythme et de leur permettre, à terme, de s’insérer durablement sur le marché du travail « classique ». Cette approche progressive s’avère particulièrement pertinente pour des publics fragilisés, souvent éloignés de l’emploi depuis longtemps, voire n’ayant jamais eu d’expérience professionnelle stable. Elle repose sur l’idée que l’accès à l’emploi ne peut être un préalable, mais plutôt un processus, accompagné et individualisé, qui prend en compte les parcours de vie, les traumatismes, les compétences à reconstruire, et les aspirations personnelles. L’enjeu est de permettre à ces personnes de retrouver confiance, de reconstruire une stabilité et de se réapproprier leur autonomie économique et sociale.
Cependant, même ce genre de modèle alternatif n’est pas exempt de limites et de critiques. Emmaüs a notamment été impliquée dans plusieurs controverses au fil des années, soulevant des débats sur les conditions d’accueil, le statut des compagnons et les dérives possibles d’un modèle fonctionnant en marge du droit du travail classique. Comme le souligne avec lucidité Nicolas Bérut :
« De toute façon, il n’y a aucun système parfait sinon ça se saurait. »
Ces propos rappellent que toute initiative, aussi vertueuse soit-elle, doit rester vigilante quant à ses pratiques internes et ouverte à l’évaluation critique. Les événements récents de 2023 dans plusieurs communautés Emmaüs des Hauts-de-France ont mis en lumière des dérives graves, telles que des accusations de travail dissimulé, de conditions de travail abusives et de promesses de régularisation non tenues. Ces épisodes ont révélé la précarité juridique du statut OACAS et les limites de l’encadrement légal actuel. Plusieurs compagnons ont dénoncé un quotidien fait de labeur intense (jusqu’à 40 heures par semaine) pour un pécule modeste (entre 350 et 380 €), sans véritable protection sociale ni perspectives claires d’évolution. Ces plaintes ont soulevé une prise de conscience à l’échelle nationale sur la nécessité de réformer ce statut pour le rendre plus protecteur.
Malgré cela, les structures comme Emmaüs remplissent un rôle irremplaçable dans le paysage de l’insertion, notamment en offrant une alternative humaine et accessible à des personnes sans autre recours. Leur capacité à accueillir inconditionnellement, à créer du lien social, et à soutenir des parcours de reconstruction fait d’elles des actrices clés de la solidarité territoriale. En région Auvergne-Rhône-Alpes, elles innovent également : avec des plateformes comme EMRA, des partenariats pour l’hébergement des demandeurs d’asile, des chantiers d’insertion en lien avec l’économie circulaire, et des projets pilotes de mutualisation de formation, elles montrent une capacité d’adaptation qui dépasse le simple accueil. L’exemple de la plateforme EMRA à Saint-André-le-Gaz, combinant hébergement, apprentissage professionnel, et insertion dans un réseau solidaire, illustre cette dynamique régionale.
Dans un contexte où les parcours migratoires sont souvent synonymes de ruptures, d’attentes administratives et de précarité, il apparaît donc primordial que les solutions professionnelles destinées aux personnes exilées soient adaptées aux besoins individuels, et qu’elles ne reproduisent pas des modèles standardisés inaccessibles à ce public. Le travail, en tant que source de revenus, mais aussi comme vecteur de dignité, de structure, et de projection dans l’avenir, joue un rôle central dans leur trajectoire d’intégration. Il constitue un levier essentiel pour sortir de l’isolement, restaurer l’estime de soi et tisser de nouveaux liens sociaux.
Les témoignages recueillis au fil de cette enquête mettent en lumière la richesse et la diversité des approches existantes : du travail communautaire à la reprise progressive d’une activité en insertion, en passant par des modèles plus inclusifs comme Working First. Toutes ont en commun une conviction forte : l’intégration ne peut être pensée uniquement en termes économiques, mais bien comme une démarche globale, articulant accompagnement social, reconnaissance des compétences, lien au territoire, et valorisation des parcours de vie. Ces initiatives, bien que portées par des structures différentes, partagent la volonté de replacer la personne au centre, en tenant compte de son histoire, de ses forces et de ses besoins réels.
Ainsi, chaque proposition de solution, qu’elle soit institutionnelle ou associative, alternative ou expérimentale, contribue à construire un accompagnement personnalisé, souple et bienveillant, garantissant à chacun une transition réaliste et humaine vers une vie autonome. L’objectif, au fond, n’est pas seulement d’insérer des individus dans un emploi, mais de leur permettre de reprendre le pouvoir d’agir sur leur vie. Et c’est en cela que ces initiatives prennent tout leur sens : en réaffirmant que toute personne, quelle que soit son origine ou son parcours, peut trouver sa place dans la société si les conditions d’accueil, d’écoute et d’accompagnement sont réunies. Dans cette perspective, l’insertion devient non seulement un objectif, mais une démarche collective de transformation sociale.
Sources institutionnelles et études
- INSEE. (2023). Emploi des immigrés et des non-immigrés en Auvergne-Rhône-Alpes. Institut national de la statistique et des études économiques.
- Forum Réfugiés-Cosi. (2022). Programme AGIR – Accompagnement Global et Individualisé pour l’Intégration des Réfugiés. Lyon : Forum Réfugiés-Cosi.
- Ministère de l’Intérieur / Délégation interministérielle à l’accueil et à l’intégration des réfugiés. (2023). Bilan des expérimentations d’insertion professionnelle des réfugiés en France.
- Métropole de Lyon. (2022). Programme Métropolitain d’Insertion pour l’Emploi (PMI’e) 2022–2026. Maison Métropolitaine d’Insertion pour l’Emploi (MMIE).
- Emmaüs France. (2023). Rapport d’activités des communautés Emmaüs et chantiers d’insertion. Paris : Emmaüs France.
- Ministère du Travail. (2023). Métiers en tension : données régionales et dispositifs de régularisation via l’emploi.
Témoignages et interventions orales
- Damasco, B. (2023). Entretien. Chargé du contrat territorial d’accueil et d’intégration, Métropole de Lyon.
- Bérut, N. (2023). Entretien. Coordinateur de la politique métropolitaine du « Logement d’abord », Métropole de Lyon.
- Intervenantes sociales – Adoma. (2023). Témoignages recueillis dans le cadre du podcast « Travail et exil en Rhône-Alpes ».
- Représentants d’Emmaüs. (2023). Témoignages internes sur les conditions de travail et d’accueil en communauté.
Ressources web
- Emmaüs Auvergne-Rhône-Alpes. (2024). Banque Solidaire de l’Équipement – Lyon, Atelier Lucie Coutaz – Grenoble. Ambition ESS Auvergne-Rhône-Alpes.
Disponible sur : https://auvergne-rhone-alpes.ambition-ess.org
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Episode 3 : Identités
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